Recherche et innovation en Wallonie : un nouveau cadre pour mieux transformer les résultats en emplois

Recherche et innovation en Wallonie : un nouveau cadre pour mieux transformer les résultats en emplois
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La Wallonie adopte en première lecture un nouveau décret-cadre de la recherche. L'objectif : moderniser le soutien à la recherche, au développement et à l'innovation pour en faire un levier plus direct de création d'activité économique et d'emplois sur le territoire.

Avec près de 250 millions d'euros investis chaque année dans la recherche et l'innovation, la Wallonie dispose d'un effort financier conséquent. Mais le constat s'impose : trop peu de résultats de recherche se traduisent encore en applications concrètes, en nouveaux produits ou en emplois. Le paysage institutionnel est devenu complexe, les indicateurs de performance insuffisamment définis, et les moyens trop dispersés pour générer un impact significatif.

C'est pour répondre à ces enjeux qu'un nouveau décret-cadre de la recherche vient d'être adopté en première lecture. Cette réforme, menée à budget constant, vise à rendre le système plus simple, plus cohérent et plus orienté vers les résultats ; sans rien retirer à l'attention portée aux acteurs de l'innovation.

Un dispositif d'aides modernisé

Le nouveau cadre prévoit des soutiens sous forme de subventions ou d'avances récupérables, alignés sur des priorités stratégiques définies au niveau régional. Il introduit notamment :

  • Un processus de sélection rigoureux, fondé sur des critères objectifs ;
  • Des indicateurs de performance adaptés à chaque type d'aide, avec un accent sur l'impact économique régional ;
  • Une évaluation périodique tous les 7 ans, assurée avec l'appui d'un comité stratégique d'experts, en cohérence avec les cycles européens.

Trois types d'acteurs sont concernés : les entreprises, les organismes habilités de recherche et de diffusion des connaissances, et les acteurs de la culture scientifique et technologique.

Un dispositif plus flexible, rapide et adapté aux besoins des entreprises

Le décret simplifie aussi concrètement les démarches pour les porteurs de projets :

  • Des aides désormais possibles pour des projets pré-industriels et des phases d'expérimentation ;
  • Une sélection en continu et des appels à projets plus réactifs, pour réduire les délais ;
  • La création de « portefeuilles de projets », permettant de regrouper plusieurs essais liés à un même produit sous une seule demande, ce qui allège l'évaluation et accélère la décision.

Un alignement complet sur les exigences européennes

Le décret-cadre est pleinement aligné sur le RGEC (règlement général d'exemption par catégorie), qui encadre les aides d'État, et facilite l'accès aux financements européens. Les dispositifs couvrent les projets de R&D, les infrastructures de recherche, le soutien aux PME, l'innovation de procédé et d'organisation, les projets internationaux ainsi que la culture scientifique et technologique.

L'exigence sans l'injonction au succès

La recherche ne débouche pas toujours immédiatement sur un résultat. Explorer, tester, parfois ne pas aboutir : c'est inhérent au processus scientifique. Ce décret ne vise pas à imposer une obligation de succès à chaque projet, mais une exigence de rigueur, de cohérence et de responsabilité dans l'utilisation des fonds publics ; pour tirer le maximum de valeur ajoutée de chaque euro investi.

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